LE PITCH DU FILM.

Le Vent du Mensonge, c’est l'illustration de la politique consumériste qui sous le couvert de l'écologie et de la transition énergétique, sacrifie ici, la mer, ses biotopes et cet espace autrefois accessible à tous. Si le débat semble centré sur l'éolien, il n'en est rien, nous pointons du doigt notre qualité de vie en déclin, la justice sociale bafouée et les mensonges d'une société qui au contraire de préserver les ressources de la planète continue largement à puiser pour garantir la fabrication de nos besoins exponentiels.

 

De gouvernement en gouvernement, les populations se fatiguent à attendre un monde plus juste. Le cas du Treport et de la petite pêche durable démontre encore une fois cette incapacité à préserver ce qui doit l'être et de développer une politique de gestion des ressources non pas basée sur le profit immédiat, mais vers la seule priorité à observer, la préservation de notre monde et de la planète. Tous les indicateurs démontrent qu'au contraire, aujourd’hui, c'est le pouvoir de l'argent et de la finance qui a remplacé l'intérêt public. Une gouvernance vendue à l'intérêt du capital privé, voilà ce que cache, Le Vent du Mensonge, un état de non-droit.

 

Au Treport, c’est la pêche côtière et durable qui est mise à mal. À terme plus de 22 parcs éoliens sont prévus et donc tout autant de zones de pêche qui passeront à la trappe. C'est la dégradation inévitable des tissus sociaux et économiques existants. Mon choix s'impose à lui-même, il représente parfaitement les failles de notre politique et donc de notre avenir qu'il faut prendre en main. Que faut-il faire ?  Produire plus d’énergie et de biens de consommation ou préserver nos ressources et la planète.

 

La pêche côtière, c’est  100.000 emplois directs et indirects et une chaîne qui apporte à la population une alimentation saine et économique par le possible circuit court lors de sa vente sur les quais. Ajoutons à cela, les défaillances diverses des 6 premiers dossiers, le prix de l'énergie, la communication mensongère et le processus de décision peu démocratique.  Il faut encore parler de la dimension écologique qui pose de très nombreuses questions, de points noirs comme par exemple le circuit des terres rares visé à juste titre par les scandales qu’il développe. C’est ça notre vision de l’écologie !         

 

À l'écran, c'est la vie de tous les jours, en mer et au port avec les pêcheurs. Ils sont furieux et si leur communauté est parfois critiquée, la pêche côtière ne fait pas partie de la pêche industrielle et se pratique la plupart du temps de façon plus raisonnable voir totalement contrôlées et pérenne. Quel manque total de respect pour cette profession si dangereuse et pénible que représente cette corporation ! Les derniers aventuriers et on les sacrifie sur l’autel de projet mal pensé, pour de l’argent ! 

 

L’excuse écologique est fausse et nous le démontrons dans ce film immergé dans une communauté, une région où nos caméras ont donné la parole sans tabous à l’ensemble des concernés. Des députés, maires, présidents de coopérative de pêche, pêcheurs, associations, locaux, touristes et commerçants de divers secteurs se sont livrés sur ce point d’actualité qui les inquiète. 

L'INTENTION DU REALISATEUR.

Sur base d’une longue réflexion nourrie par ma philosophie personnelle, j’ai choisi d’aborder ce sujet à cause de son extrême gravité. Particulièrement touché par cette profession et ses trop nombreuses difficultés, j’ai aussi voulu traduire cette fin d’un monde pour un autre. Un monde qui privera nos enfants de la liberté de connaitre encore la douceur et la beauté de la nature.  

Du point de vue de la réalisation, c’est un pari osé et une envie de tourner avec des locaux, pas d’acteur sauf Chryssa Florou qui incarne une journaliste chargée par la commune d’enquêter. Les autres se prêtent au jeu, parfois en fiction.  Le choix devait me permettre de me rapprocher du sujet et de la force qu’il dégage par le sentiment d’injustice profonde qui parle de lui-même. Les pêcheurs sont cash, sauf le sujet et l’angle, rien n’est préparé et l’aléatoire est souvent au rendez-vous, tout comme les belles surprises, les galères aussi. Nous suivons le vent et pour cela la configuration doit être minimale, la taille des bateaux est réduite et nous ne trichons pas, nous sommes réellement à bord, parfois un cadreur, c’est juste, mais notre configuration matérielle est adaptée. Pendant le tournage, la force de certaines histoires et les personnages nous ont permis de construire un fil rouge. Ensuite, l’actualité, le sujet et les faits se sont offerts pour développer mon point de vue.  Les images sont souvent à l’épaule, peu de posés, l’action ne le permet pas, mais c’est le pari de tourner un long métrage sans aucun budget, c’est la sincérité qui doit l’emporter.